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Un nouveau rendez-vous d’Europe Ecologie Bretagne

"Une région verte, ça change quoi ?", le 3 mars à Quimper

Faites vous plaisir, goûtez la différence !

mercredi 24 février 2010

par Marie Christine Blandin & Guy Hascoët


Faites vous plaisir, goûtez la différence

Alors que des lois préparent le partage du pouvoir entre un seul grand parti de droite et un seul grand parti de gauche, en mars, le choix qui se fera pour les Régions dira la place de l’écologie : ce sera affaire d’envie, mais aussi de confiance. L’exemple du Nord Pas de Calais est édifiant et rassurant.

Cette région a été présidée par les Verts, sans majorité, sans augmentation des impôts, et sans renoncement. L’arrivée fut difficile : on nous donnait 3% de confiance … Nous avons fini le mandat avec 68% de satisfecit sur notre gouvernance. Le travail de nos prédécesseurs et partenaires socialistes apportaient le TGV et l’ouverture du tunnel sous la Manche, mais les habitants n’avaient donné de majorité ni à la droite, ni à la gauche. A leurs difficultés, à leurs angoisses du lendemain, à leur insatisfaction, il fallait répondre par d’autres méthodes, à commencer par la démocratie participative, si riche d’écoute et d’idées croisées.

Alors nous nous sommes lancés : assises de l’emploi, du transport, de la culture, de la santé, de la formation professionnelle ou encore de la société de l’information. Loin des grandes messes, nous avons organisé le dialogue fructueux entre acteurs, socioprofessionnels, syndicaux, associatifs, experts, au service de l’imaginaire et de l’ambition régionale.

C’est cela qui a répondu aux grands enjeux environnementaux : protection des zones humides, trame verte et bleue régionale, quinze ans avant le Grenelle ; traitement des friches et des pollutions aigües, héritage amer de l’industrie lourde passée ; mise en sécurité et désamiantage des lycées quatre ans avant l’obligation légale.

Parce que l’enseignement mérite un environnement de qualité, tout en économisant eau et énergie, le premier lycée de Haute Qualité Environnementale a été construit à Calais, tandis que neuf éoliennes prototypes tournaient à Dunkerque.

C’est en consultant usagers et cheminots que nous avons commandé des TER plus modernes, accessibles aux handicapés, compatibles avec les vélos, organisé l’inter modalité entre les autorités organisatrices de transport, soutenu la valorisation du méthane des déchets pour faire rouler les bus. Ce faisant, nous réduisions notre l’effet de serre. Les canaux dont nous avons restauré les berges ont toujours fière allure, et nous avons sorti des cartons le Canal Seine-Nord et le ferroutage, les préférant aux absurdes autoroutes surnuméraires.

Alors que la caricature menaçait le débat politique sur le drame du chômage, des Assises sur l’emploi, réunissant chômeurs, syndicalistes, chercheurs, chefs d’entreprises ont donné les pistes, et elles ont été mises en oeuvre : réduction et aménagement du temps de travail pour créer des postes, lissage des commandes publiques, pour ne pas prendre et licencier les ouvriers au gré de besoins irréguliers, soutien aux services de proximité, économie sociale et solidaire, et même une Caisse Solidaire, pour soutenir le lancement de projets modestes que les banques dédaignent.

Cette logique, appliquée à l’agriculture a conduit au plafonnement des aides et donc au soutien aux paysans.

Parce que nous ne sommes pas seuls sur terre, des liens de société à société avec le Sud tissaient la solidarité dans la sobriété.

Rapidement, des chercheurs planchaient sur la dépollution, des associations innovaient, des villes demandaient des financements pour des pistes cyclables, la Chambre de Commerce lançait son concours « projets verts », une firme de VPC contractualisait avec la SNCF, et même la Chambre d’agriculture lançait une opération de ramassage des pesticides…

Nous restons fiers de cette expérience qui a prouvé, non seulement que des écologistes pouvaient diriger une région, mais qu’en plus existait une « green touch ». Nous avons le sentiment que ce que nous avons incarné alors, va trouver un souffle nouveau.

Alors oui, si des citoyens s’interrogent sur l’utilité de leur vote aux régionales 2010, ils saisiront l’occasion pour se dégager de l’hégémonie d’un seul parti sur un camp, qui commence toujours par le discours de l’utilité, et se termine par l’obstruction récurrente au changement des pratiques politiques.

Donner du souffle, faire renaître l’espérance passe par un rééquilibrage au profit d’Europe Ecologie. Et si ici ou là, les écologistes sont premiers et en mesure de prendre la tête des majorités régionales, faites vous plaisir, goûtez la différence.

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L’adresse originale de cet article est http://www.brest-ouvert.net/article7740.html

Bretagne Ecologie - http://bretagne-ecologie.info