Redevance incitative : l’exemple de Besançon, agglomération pionnière
Interview de l’élu vert Eric Alauzet
La redevance incitative est plébiscitée par toutes les associations de protection de l’environnement et toutes les unions de consommateurs. Elle figure parmi les mesures phare du Grenelle de l’environnement qui prévoit que le mode de financement du service de collecte et traitement des OM devra inclure une part incitative dans un délai de cinq ans. A ce jour, elle reste peu appliquée, l’agglomération de Besançon a une longueur d’avance dans sa mise en place. La démarche initiée par la Communauté d’Agglomération du Grand Besançon a débuté dès 1999, aujourd’hui, seconde étape, elle est effectivement mise en oeuvre depuis le 1er janvier en s’appuyant sur la mobilisation des habitants et des acteurs du territoire.
Le SYBERT (Syndicat mixte de Besançon et sa Région pour le Traitement des déchets) couvre 198 communes (dont la Communauté d’Agglomération du du Grand Besançon) soit 220 000 habitants, est missionné pour réussir cette transition.
Eric Alauzet, élu vert, en est son président. Il est vice-président de la Communauté d’agglomération du Grand Besançon chargé du traitement des déchets. Il répond aux questions de Brest-ouvert.

Brest-ouvert : La mise en place de la redevance incitative par la pesée au 1er janvier sera facilitée par la redevance au volume du bac instaurée dès 1999 à Besançon, quel bilan tirez vous de cette première étape ?
Eric Alauzet : Bien entendu, la preexistence d’une redevance au bac , qui plus est en milieu urbain, a facilité les choses ; ceci dit, dans le contexte actuel, les choses sont plus faciles.
La première étape a été importante pour contribuer à la notion de responsabilisation. Même si les factures on fortement bougé (dans un sens variable selon la situation de chacun), le principe n’est jamais contesté.
B.O. : Diminuer de 35% en habitat pavillonnaire et de 12% en habitat collectif pour 2014, est ce selon vous un objectif jouable ? Comment sera résolue notamment la question de l’habitat collectif ?
35 % est un résultat observé régulièrement en zone rural ; 12% en urbain constitue la fourchette basse d’autant qu’il reste des marges de progrès importantes sur les emballages recyclables ; le coeur du système reposera sur la réussite du composte de proximité et donc des différents dispositifs en préparation/expérimentation (compostage de pied d’immeuble, jardins de pieds d’immeubles, apport volontaire...) et de la mobilisation des habitants et des acteurs du territoire.
C’est pourquoi nous expérimentons également un dispositif de dialogue territorial.
A noter que toutes ces questions seront évoquées lors du colloque national d’AMORCE consacré à la question de l’incitation (redevance incitative, REP, TGAP) qui se tiendra à Besançon les 30 juin et 1er juillet prochains.
lire aussi l’article sur Brest-ouvert « A Lamballe (22), les habitants paieront bientot une "redevance incitative" pour le traitement des ordures »
L’adresse originale de cet article est http://www.brest-ouvert.net/article8210.html

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