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Retour sur le retour en régie publique de l’eau à Cherbourg

"Pour moi, l’eau n’est pas une marchandise comme les autres : c’est la vie !" : l’interview de Daniel Bosquet

jeudi 3 juin 2010

Daniel Bosquet, Vice-président de la Communauté Urbaine de Cherbourg, Délégué au Cycle de l’Eau, de 1989 à 2008, a été le grand artisan du retour en gestion publique sur ce territoire. L’élu vert a oeuvré avec beaucoup de persévérance et de savoir-faire durant de nombreuses années pour obtenir ce résultat.

Il était présent à Brest, le jeudi 29 avril , lors de la soirée " Reprise en gestion publique, c’est possible !" organisé par le collectif Eau Publique Brest-BMO, aux côtés d’Anne Le Strat, élue de la ville de Paris qui a aussi participé activement au retour de la capitale en régie publique de l’eau.

Brest-ouVert : Quelle était la situation dans l’agglomération de Cherbourg avant le passage en régie publique de l’eau au 1er janvier 2005 ?

Assainissement entièrement en régie directe depuis la création de la Communauté Urbaine (1972). Certifié ISO 14001 depuis 2002. Eau potable : régie pour 30% production et 50% distribution (héritage des villes différentes avant la création de la CU), et donc 70% production et 50% distribution affermées à la CGE, qui gérait aussi la principale unité de production.

B.O. : Il vous a fallu pas mal de persévérance pour atteindre cet objectif, il a fallu procéder par étapes, quelles difficultés a-t-il fallu surmonter ?

Convaincre l’administration et surtout les autres élus de l’utilité et de l’intérêt de l’opération. Les maires considéraient que, sur un sujet aussi sensible que l’eau, le fermier constituait un paravent en cas de problème (ce qui était tout à fait faux et inefficace). Ils doutaient aussi de la capacité technique de nos personnels, ce qui m’a amené à obtenir la certification ISO pour l’assainissement…

Et puis les grandes compagnies ne se laissent pas faire : pressions auprès des élus, invitations personnelles, menaces de suppression de subventions à l’équipe de foot ou de basket, etc… Enfin il fallait aussi en même temps remplacer l’usine de production (vétuste) par une unité neuve (construite et gérée en régie directe, ouverte en 2006) tout en baissant le prix de l’eau dès 2007.

 

B.O. : Vous avez privilégié le consensus dans le piloté le passage en régie publique, à la communauté urbaine de Cherbourg. Est-ce selon vous une condition indispensable ?

A Paris, cela n’a pas été nécessaire, d’autant que le maire en était un chaud partisan, mais dans une ville de province je pense que c’est plus important, surtout si, comme dans mon cas, ce n’était pas le président ni les maires qui en étaient les initiateurs, ni au début les chauds partisans.

On est finalement parvenus à un consensus d’abord avec les techniciens et avec certains élus, puis avec les administrateurs, qui ont rapidement vu l’intérêt économique, et enfin avec presque tous les élus. Il faut ajouter que les associations m’ont beaucoup aidé.

B.O. : Vous dites : si c’était à refaire, je le referais, quelles sont les motivations profondes qui vous poussent à le dire ?

Pour moi, l’eau n’est pas une marchandise comme les autres : c’est la vie. Et les habitants savent maintenant que le produit de la facture d’eau revient entièrement à la gestion et à l’amélioration constante de la qualité et du service de l’eau à chacun de nos concitoyens. La transparence est enfin totale.

L’adresse originale de cet article est http://www.brest-ouvert.net/article8288.html

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