Nous nous mobilisons contre le démantèlement du service public d’éducation
Interview de Loïc DOUART, militant de l’éducation populaire
Pour les grandes Fédérations de l’Education populaire, les choix gouvernementaux " s’inscrivent dans une démarche politique surprenante, celle de programmer la disparition des mouvements d’Education populaire, ciment de citoyenneté et du « vivre ensemble » dans une République solidaire".
Elles estiment que ce sont plus de 50 000 emplois estimés, directs et induits, qui sont menacés, supprimés, à très court terme. Une mobilisation importante est en cours...
Loïc DOUART, militant brestois de l’éducation populaire, répond aux questions de Brest-ouVert.
Brest-ouvert : Quel peut être le rôle des associations d’éducation populaire au 21 ème siècle ?
Le rôle des associations d’éducation populaire au 21 ème siècle.
Cette question est importante mais c’est une question de société. L’éducation populaire c’est l’éducation de tous par tous et pour tous.
Notre rôle est bien celui d’œuvrer pour la transformation de la société et de permettre à chacun d’en être acteur. L’éducation populaire vise à former simultanément l’individu et le citoyen.
La fonction sociale des associations de quartier, des Patronages Laïques, des Maison pour tous, des associations… est de faire en sorte que chacun ait accès à la culture, à l’éducation, aux loisirs !
Elle est aussi de faire en sorte que chacun puisse contribuer à la vie de la cité, à la vie du quartier … ce qui implique avoir les clés de lecture pour comprendre « son territoire » et les outils nécessaires pour contribuer au changement … Elles ambitionnent pour la plupart d’avoir une action éducative complémentaire à celle de l’école !
Si cela est possible aujourd’hui, c’est parce que ces associations sont affiliées aux fédérations d’Education Populaire ! Les fédérations contribuent au fonctionnement des associations mais surtout « sont porteuses de sens et de valeurs » … Elles permettent aux associations de quartier de proposer un autre projet de société que celui que « certains » tentent de mettre en avant … avec comme valeur l’élitisme, l’individualisme …
Plus que jamais dans notre société les associations d’éducation populaire ont du sens par le projet qu’elles défendent.
B.O. :
Les récentes mesures décidées par le gouvernement concernant l’éducation populaire constituent, selon vous, de de graves atteintes au service public d’éducation ?
La politique gouvernementale dans le domaine de l’éducation n’est pas clairement annoncée mais nous la saisissons pas bien. Beaucoup de réformes sont engagées sans concertation et l’on assiste à
de graves atteintes au service public d’éducation. C’est contre ce démantèlement du service public d’éducation que nous nous mobilisons.
Parmi les nombreuses réformes engagées, le gouvernement supprime des aides aux associations éducatives complémentaires de l’école publique (-25 % sur 2008 et -50% en 2009).
Ces associations sont :
- Les Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Éducation Active (CEMEA)
- Les Éclaireuses Éclaireurs de France (EEDF)
- La FOEVEN, Fédération des AROEVEN
- Les Francas
- La Jeunesse au Plein Air (JPA)
- La Ligue de l’enseignement
- L’Office Central de la Coopération à l’Ecole (OCCE)
- Les Pupilles de l’Enseignement Public (PEP)
Elles œuvrent depuis très longtemps au côté de l’école et des acteurs associatifs intervenant sur le champ éducatif. Partenaires historiques de l’école, ces associations inscrivent leurs actions en complémentarité de l’enseignement public. Elles agissent pour animer des rencontres culturelles ou sportives, assurer la formation des délégués de classe, des bénévoles et des animateurs des centres de vacances. Ces associations œuvrent auprès de millions d’enfants et de jeunes et s’inscrivent dans les apprentissages éducatifs et scolaires nécessaires à chacun d’entre eux.
Si demain le désengagement de l’état se confirme nous, les associations locales seront en difficulté pour mener à bien de nombreuses actions et projets qui se construisaient en partenariat, grâce au soutient technique et pédagogique de ces fédérations.
B.O. :
Où en est est la mobilisation en faveur des associations éducatives, mise à mal par les décisions gouvernementales
?
Comme pour de nombreuses autres cause la mobilisation reste difficile, tout d’abord parce qu’en ce moment nous avons pléthore de causes à défendre. Mais aussi parce que les enjeux ne sont pas forcément très visibles de prime abord pour les familles. Notre mobilisation s’est voulue pédagogique pour expliquer et faire prendre conscience des enjeux. Presque tous les Patronages Laïques se sont engagés dans une campagne de pétition. Nous avons recueilli plus de 2500 signatures de soutien grâce à la mobilisation des bénévoles et des militants pour que notre cause soit entendue et comprise. Nous avons profité de diverses tribunes et occasions pour faire entendre notre inquiétude, le collectif local des fédérations a également interpellé les élus.
Des négociations sont en cours avec les services du ministère, nous devons rester vigilant car entre les tentatives de négociation au « cas par cas », les promesses sans engagements ou encore la transformation des postes mis à disposition par des aides financières qui fragilisent grandement nos associations.
Vous pouvez soutenir l’action de ces associations en signant la pétition en ligne sur : www.pourleducation.org
L’adresse originale de cet article est http://www.brest-ouvert.net/article5584.html

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