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Le parti socialiste refuse de faire voter le voeu "Pass’ contraception" proposé par Europe Ecologie

Le blog des élu-e-s Europe Ecologie au Conseil Régional de Bretagne

vendredi 29 avril 2011

A l’initiative du groupe Europe Ecologie, un voeu pour permettre un meilleur accès à la contraception pour les jeunes breton-ne-s à été déposé. Le PS a refusé de l’étudier.

Un article repris du site des élus régionauxEurope Ecologie les verts

Faciliter l’accès au soin et l’autonomie des jeunes breton-ne-s : le pass’ contraception

L’accès aux soins des jeunes, constitue un enjeu primordial pour notre Région.

Afin de faciliter et d’initier un parcours d‘autonomie des jeunes en les rendant acteurs de leur propre santé nous proposons que la Région étudie la création d’un « Pass contraception » qui donnera aux jeunes filles et aux jeunes garçons un accès anonyme et gratuit à une contraception.

En effet, alors que récemment l’action du planning familial a été remise en question par le gouvernement Fillon et que le combat pour l’accès à la contraception connait toujours aujourd’hui de nombreux obstacles, en Bretagne, chaque année, se sont près de 8 000 interruptions de grossesse non thérapeutiques qui sont réalisées par les 31 établissements de santé agréés.

Le nombre d’IVG a progressé depuis 1995 au rythme moyen de 1,4 % par an. Plusieurs hypothèses peuvent expliquer ce chiffre :
- Une inadéquation des méthodes et pratiques contraceptives avec les attentes et modes de vie des utilisatrices. La couverture contraceptive est constituée à 80 % par des méthodes délivrées sur prescription médicale, avec une forte prédominance de la contraception hormonale orale, ce qui nécessite une régularité dans l’utilisation qui n’est pas toujours garantie (32 % des interruptions de grossesse sont dues à un rapport protégé par une méthode contraceptive insuffisamment fiable et 15 % à un oubli de contraception).

- Une autonomie bridée En effet, alors que la loi garantit un accès autonome des jeunes à la contraception, pour lequel le consentement parental n’est plus requis, la plupart du temps ce droit leur est dénié de fait, lorsqu’ils doivent faire appel à la couverture sociale de leurs parents. Seuls les centres de planifications familiales peuvent délivrer gratuitement une contraception : en Bretagne administrative, ces centres au nombre de 4 sont principalement situés dans les grandes villes. Le problème reste donc entier dans les villes de moyenne importance et les campagnes. La fracture territoriale est réelle et ne peut que nous préoccuper.

- Le coût élevé de certains contraceptifs est un frein. Le coût de certains produits contraceptifs et leur non remboursement par l’Assurance maladie peuvent être considérés comme limitant l’accès à la contraception.

- L’insuffisant recours à la pilule du lendemain : La prévention des grossesses non désirées supposerait un recours beaucoup plus systématique à la contraception d’urgence en cas de rapport mal ou non protégé.

L’accès anonyme et gratuit à la contraception participe à l’émancipation des individus en permettant à chacun, fille et garçon, d’être maitre de ses actes, sans tabou et en toute sécurité.

A 15 ou 16 ans, la question de la sexualité n’est pas aisée à aborder avec ses parents. L’âge des premiers rapports amoureux est aussi l’âge de la distanciation d’avec les parents. Le jeune ne souhaite pas parler de son intimité avec eux et veut préserver son « jardin secret ». Prendre son autonomie et se séparer de ses parents passe aussi par cette étape là. Dans ces conditions, la Région, à travers la délivrance d’un « Pass contraception », favoriserait le parcours d’autonomie des jeunes et intégrerait une démarche de prévention des grossesses précoces :
- en les sensibilisant aux comportements à risques et en les invitant à adapter leurs pratiques,
- en leur offrant un accès anonyme et gratuit à l’ensemble des modes contraceptifs existants sur le marché.

Ce dispositif régional pourrait se décomposer en deux volets :

La remise systématique d’un « Pass contraception » aux jeunes d’une même classe

accompagnée de conseils et écoute par des référent-e-s santé, dans des conditions de complète confidentialité. A ce titre la Région pourrait financer des interventions du planning familial au sein des lycées et particulièrement des lycées professionnels. La remise systématique présenterait 2 avantages :
- La rencontre du sexuel est une étape délicate qui est source de bouleversement, l’échange avec les jeunes sans rentrer dans l’intimité de chacun pourrait permettre l’émergence de questions,
- Il serait un temps d’écoute, le professionnel favorisant le liens entres les pairs et l’écoute réciproque.

Le remboursement des professionnels de santé dans des conditions de parfaite fiabilité.

Le « Pass contraception » pourra être composé des éléments suivants :
- Un coupon destiné à la consultation dans un centre de planning familial, chez un médecin généraliste, un gynécologue ou chez une sage femme.
- Un coupon donnant accès aux examens nécessaires à la délivrance d’un contraceptif adapté, à son achat auprès du planning familial ou des pharmacies bretonnes, et aux examens de suivi nécessaires.
- Un coupon contraception d’urgence

Ainsi, le « Pass contraception » offrira un accès à une consultation et à la délivrance d’un mode contraceptif, avec suivi médical, pour une durée de 6 mois .
- et enfin, un coupon donnant accès à un conseil juridique pour prévenir les cas de discrimination ou d’ agression sexuelle.

Le professionnel de santé à qui aura été remis un coupon du « Pass contraception » pourra l’adresser à la caisse primaire d’assurance malade (CPAM) de son département pour être réglé par elle de l’acte. A son tour, celle-ci pourra communiquer à la Région, aux fins de remboursement, l’état des règlements effectués. Ainsi, les CPAM pourraient assurer l’interface entre les professionnels de santé et la Région dans la mise en oeuvre du dispositif.

En amont, les professionnels de santé devront être accompagnés par la Région pour les sensibiliser et les impliquer dans la mise en oeuvre du « Pass’ contraception ».

Le rôle et la participation forte des professionnels de santé et des chefs d’établissements est en effet primordial à la bonne réussite d’un tel dispositif. Il apparaît à ce titre essentiel que son élaboration et sa mise oeuvre soit le fruit d’un véritable travail de co-construction entre la Région et l’ensemble des professionnels de santé et de l’éducation concernés.

Ainsi nous demandons que soit dès aujourd’hui étudié dans le cadre d’un groupe de travail associant les partenaires concernés la possibilité de mettre en oeuvre un tel dispositif

L’adresse originale de cet article est http://www.brest-ouvert.net/article9704.html

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