Pour une régionalisation de la République française !
par Marie Pierre Rouger

Rennes, le 5 janvier 2009
POINT DE VUE - de Marie-Pierre Rouger, Présidente du groupe des élu-e-s régionaux verts
La réforme des institutions est à l’ordre du jour de l’agenda présidentiel. M. Sarkozy a confié une mission à M. Balladur qui devrait livrer ses conclusions au printemps. Une chose est sûre : les Régions sont dans le collimateur. Depuis 2004 majoritairement à gauche, elles représentent une épine dans le pied de l’UMP. Les transferts de charges étatiques non compensées, les dotations revues à la baisse, les coups bas fiscaux, n’ont pas suffi à faire tanguer les navires régionaux. En changeant la règle du jeu, M. Sarkozy espère enfin les faire plier, il vise « le rééquilibrage politique ». Le passage d’un scrutin de listes proportionnelles à un scrutin uninominal sur la base des cantons aurait pour autre conséquence de renforcer la bipolarisation de la vie politique française en marginalisant les « petites » formations politiques.
Est-il pensable que l’on sacrifie ainsi, par bassesse électoraliste, un débat politique sur une nécessaire réforme institutionnelle ?
La démocratie, déjà mal en point, ressortirait affaiblie d’un tel tripatouillage sur fond d’abandon des politiques d’aménagement du territoire et des services publics. Sacrifier les régions reviendrait à supprimer le seul échelon institutionnel en mesure de contrecarrer le désengagement organisé du territoire, dessein libéral Sarkozyste inspiré de la politique Thatchérienne.
Or, la régionalisation de la République française demeure l’objectif majeur. Ce choix, tout à fait valide dans un « monde mondialisé » et une Europe en construction, est encore plus pertinent à l’heure où la crise économique affaiblit l’ensemble de la société. Les Régions incarnent une réalité historique, sociale, économique, écologique, elles sont un niveau incontournable de proximité avec les citoyens qui s’identifient à elles. Le fait régional s’est aujourd’hui imposé, il constitue un socle pour aller de l’avant dans le respect des principes républicains. Une première étape consisterait, au nom de l’efficacité de l’action publique, à clarifier les compétences entre les niveaux institutionnels.
Une réforme sérieuse ne peut se limiter à la suppression démagogique d’un ou deux échelons du mille feuilles, elle doit incarner une nouvelle répartition des compétences en vue d’une structuration de la décision politique en phase avec les préoccupations et les attentes des citoyens.

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