"Alimentons l’Europe" : un appel pour une réinstallation massive de paysans en Europe
Objectif : 1 000 000 de paysans en plus,
2 000 000 d’emplois induits en Europe d’ici 5 ans
Une alimentation saine pour tous
Le débat se poursuit en région.
Le 11 mai 2009, la lettre ouverte
« Alimentons l’Europe »
a été adressée aux candidats aux européennes du 7 juin.
Cette initiative impulsée par Minga et Nature et Progrès a bénéficié d’un large soutien d’organisations telles que la Confédération Paysanne, Frères des Hommes, le Comité national de liaison des régies de quartiers, les Amis de la Terre France, les AMAPs d’Ile de France, de Rhône Alpes et de Provence, le réseau Ecobatir,
Action consommation…mais également de Jean Gadrey, Didier Anger, Gilles Clément, René Louail, Christian Jacquiau, Christian Velot, Isabelle Stengers, Jacques Testart…
18 candidats, et 6 formations politiques ont répondu à cette interpellation.
Globalement la majorité d’entre eux considèrent que la promotion d’une agriculture paysanne et pour certains d’entre eux, la réforme foncière qui en découle est une priorité.
Nous ne pouvons que nous en féliciter.
Il s’agit maintenant de passer à la mise en oeuvre car la question alimentaire en Europe ne se joue pas seulement à Bruxelles et à Strasbourg, elle se joue partout dans toutes les collectivités. C’est dans la mise en oeuvre et dans la capacité à se confronter localement à des conflits d’intérêts et d’usage que les mots auront un sens et que les engagements électoraux se concrétiseront dans des actions publiques réelles.
Au regard des enjeux, la faible participation au scrutin des élections européennes et notamment l’abstention massive des jeunes (70% pour les 1824 ans, 72% pour les 2534 ans), des artisans, commerçants et chefs d’entreprise (77%) et des salariés (69% chez les salariés et 66% chez les employés) sont très préoccupantes et montrent la gravité de la crise démocratique qui marque les sociétés européennes.
En parallèle, la hausse sans précèdent du chômage en France depuis 1975 touche particulièrement les jeune(les 15-24 ans) au premier trimestre 2009.
Leur taux de chômage (en % du nombre d’actifs) atteint 23,5 %, suite à une augmentation de 5,1 points de % en 1 an et de 2,1 points par rapport au dernier trimestre 2008, soit 90 000 chômeurs de plus au premier trimestre 2009.
Ces graves évènements nous incitent à poursuivre et à étendre notre action citoyenne.
Il s’agit de permettre à tous, et notamment aux jeunes, de construire un avenir.
Il s’agit de faire de la question alimentaire un des enjeux primordiaux d’un contrat social nouveau, doublé d’un contrat
« culturel »
entre l’homme et la nature.
Cette ambition alimentaire se traduit par la réinstallation massive de paysans en Europe.
C’est un changement complet de perspective par rapport au modèle social du siècle précédent où échapper à la condition de paysan semblait la condition de la réussite sociale.
C’est un volet vital d’un projet de société capable de relever le défi des crises (écologique, économique, sociale et démocratique) tout en développant les droits sociaux et les libertés individuelles.
Ce projet de société s’incarne déjà dans de nombreuses initiatives menées par des acteurs engagés pour :
inventer
une
nouvelle
forme
d’agriculture
fournissant
à
tous
une
alimentation
saine
et
équilibrée,
qui
réponde
aux
objectifs
de
la
souveraineté
alimentaire,
rétribue
correctement
le
travail
du
paysan,
n’épuise
et
ne
pollue
pas
les
sols,
fixe
plus
de
CO2
dans
les sols qu’elle
n’en
émet
dans l’atmosphère
;
adopter
de
nouvelles
pratiques
commerciales
dans
lesquelles
la
plus
large
satisfaction
des
besoins
ne
rime
pas
avec
la
paupérisation
des
fournisseurs,
qu’ils
soient
d’Europe
ou
d’ailleurs
;
utiliser
autrement
les
techniques
afin
qu’elles
favorisent
le
partage
des
connaissances
et
des
droits
d’usage
collectifs
sur
les
biens
communs,
plutôt
que
leur
appropriation
privée
concurrentielle
;
pratiquer
une
solidarité
internationale
qui,
pour
en
finir
avec
la
faim
et
assurer
la
sécurité
alimentaire
de
tous
les
peuples,
mise
en
priorité
sur
l’extension
massive
de
l’accès
à
la
terre
des
familles
modestes
et
sur
la
relocalisation
des
productions
alimentaires de
base.
L’initiative « Alimentons l’Europe » va donc se poursuivre, notamment mais pas seulement à l’occasion des prochaines élections régionales de mars 2010 qui permettront une appropriation plus locale de la définition des politiques alimentaire et agricole.
Elle placera la question de l’emploi des jeunes, de l’accès de tous au foncier et à une alimentation saine et variée comme une priorité de premier plan des débats précédant ces élections, elle invitera les candidats aux assemblées régionales à se prononcer clairement sur des engagements précis et quantifiés, adaptés à chaque territoire.
Autour de ces enjeux, le débat se poursuit localement à partir d’une forte mobilisation des acteurs locaux et de tous les citoyens.
A bientôt donc
18 juin 2009,
Alimentons l’Europe
L’adresse originale de cet article est http://www.brest-ouvert.net/article6344.html

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