Algues Vertes : quel est le problème ?
Le point de vue d’ Isabelle Métayer, Adjointe au maire de Lannion, Conseillère régionale.

Le ministre s’est déplacé parce qu’il y a eu mort de cheval. Le préfet avait déjà enjoint aux maires de faire en sorte d’assurer la sécurité sur les plages – autrement dit d’en interdire l’accès si besoin s’en faisait sentir, sans autre perspective -. L’Etat considère donc que les algues vertes sont un problème de sécurité publique et s’y intéresse dans cette mesure.
L’Etat a été reconnu responsable de la prolifération des algues vertes par un jugement du tribunal administratif de Rennes le 25 octobre 2007 : carence dans l’instruction des dossiers d’installations classées, insuffisance des contrôles, retard dans la transposition de la directive nitrates.
La cause est connue. La solution existe. Elle réside dans une évolution des pratiques agricoles, dans une désintensification qui permettrait de faire baisser la production d’azote et donc les taux de nitrates dans l’eau. Les efforts visant à moins faire ruisseler les produits d’épandage dans les cours d’eau sont louables et nécessaires mais ils ont forcément des limites.
Pour faire évoluer les pratiques agricoles, il faut que les financements à l’agriculture évoluent. Les agriculteurs ont besoin de leur revenu, comme les autres. La principale source de subvention étant la PAC, c’est sa distribution qui est en cause. Or c’est l’Etat qui décide des modalités de son affectation. Certains états ont décidé de l’affecter prioritairement aux agricultures respectueuses de l’environnement.
La profession agricole, comme le conseil régional, a demandé la régionalisation des aides de la PAC. Ce que l’Etat a refusé.
Tant sur le plan réglementaire et sur le plan de la police que sur le plan financier, les cartes sont dans les mains de l’Etat.
La création d’une commission interministérielle ne nous apprendra rien et ne résoudra rien. Le ramassage des algues ne sera toujours qu’un pis-aller.
Quelques élus ont rencontré le ministre.
Les élus locaux dans leur ensemble doivent partager leurs analyses et travailler à soutenir des positions cohérentes. Rappelons que le projet de SDAGE pour le bassin Loire Bretagne a renvoyé, à après 2027, le retour au bon état écologique des eaux littorales de la Baie de Lannion. Est-ce acceptable ? Le SAGE de la Baie de Lannion se met en place. C’est l’occasion de définir un projet local ambitieux pour la qualité de l’eau, et d’aller le porter auprès de l’Etat.
Isabelle Métayer
Adjointe au maire de Lannion
Conseillère régionale
isabelle.metayer@wanadoo.fr

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