Il y a urgence à lutter contre les algues vertes, il y a urgence à revoir notre modèle agricole pour une autre agriculture
Un communiqué des Verts des Côtes d’Armor

Rassemblement anti-marées vertes d’Hillion
Les Verts des Côtes d’Armor ont appelé à participer au rassemblement d’aujourd’hui à Hillion contre les algues vertes et apportent leur soutien aux associations organisatrices.
Après le passage de Mr Fillon à St Michel, que nous reste-t-il de ses promesses ?
Plusieurs projets d’extensions et de créations d’élevages industriels sont en cours en Bretagne, avec l’aval des préfectures : Plouzelambre, Taulé, Trébrivan, Plouaret.
Cette politique est totalement incohérente, car au lieu de fermer le robinet à nitrates qui nourrit ces algues vertes, on l’ouvre encore plus. Sur 6% de la surface nationale, les éleveurs bretons concentrent 60% de la production porcine, 40% des veaux, 40% de volaille, 20% de bovins …
Cette sur densité provient de l’augmentation de la consommation de protéines animales dans les pays « développés » et est la cause majeure de la pollution
de nos cours d’eau, des marées vertes, jusqu’aux gaz à effet de serre. Selon un rapport du GIEC en 2006, l’élevage contribue autant
que les transports ou que l’énergie dans les émissions de GES et sa part ne fait qu’augmenter. Se nourrir aussi excessivement de produits d’origine animale représente un gaspillage de protéines et d’espace (il faut 10g de protéines végétales pour produire 1g de protéine de bœuf), d’eau (un steak de 200g équivaut à 5 bains) et des risques sur la santé
Ce « modèle » agricole anachronique qui devait nourrir les Français après-guerre est aujourd’hui la cause majeure de la pollution de nos cours d’eau. Il est aussi responsable de la disparition de milliers de paysans.
Quand beaucoup s’accordent aujourd’hui à promouvoir la production locale et responsable en circuits courts, il est incompréhensible d’encourager ce mode de production du « toujours plus » : toujours plus d’animaux nourris avec toujours plus d’aliments importés, donc toujours plus d’effet de serre et de destruction des écosystèmes ici et là-bas, toujours plus de production à écouler à des prix toujours plus bas pour les producteurs…
Nous sommes conscients de la crise économique que traverse l’agriculture. La raréfaction du pétrole va continuer à affecter lourdement le coût des intrants et des transports. Devant cette impasse majeure de l’agriculture conventionnelle, les éleveurs les plus faibles seront balayés et leurs exploitations rachetées par les grosses structures multinationales.
Comme il y a urgence à lutter contre les algues vertes, il y a urgence à revoir notre modèle agricole pour une autre agriculture qui préserve les emplois, l’environnement et notre santé.
Il n’est pas question de stigmatiser les agriculteurs—qui pour la plupart d’entre eux sont victimes du système— mais nous voulons engager un débat et faire part de nos propositions pour une autre agriculture qui nous concerne tous, agriculteurs, consommateurs et citoyens
Comme nos amis de la Confédération Paysanne, nous souhaitons un changement des modes de productions pour les éleveurs.
Nous plaidons également pour un virage ou un rééquilibrage de l’agriculture bretonne vers les productions et filières végétales, hors cultures intensives, de qualité biologique, relocalisées et d’empreinte écologique dérisoire.
Et n’oublions pas, la résistance contre toutes ces pollutions commence aussi dans notre assiette !
Les Verts des Côtes d’Armor
L’adresse originale de cet article est http://tregor.lesvertsbretagne.org/spip.php?article286

En Bretagne
