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La solution de la méthanisation

lundi 5 octobre 2009

Vraie solution ou fausse piste, la méthanisation du lisier est techniquement au point.

Dans un article du 3 octobre 2009, Ouest-France explique le fonctionnement de l’unité de méthanisation d’Alain Guillaume "premier « énergiculteur » breton".

« Elle recueille le lisier mélangé avec des graisses d’usines agroalimentaires voisines, et des déchets verts. Dans cette « soupe » chauffée à 40 degrés, les bactéries grignotent la matière organique et produisent du biogaz qui sert à faire tourner deux génératrices. « Elles fourniront 1,1 mégawatt-heure par an, soit la consommation d’environ 390 foyers », précise l’éleveur. »

"Grignotent la matière organique" peut laisser croire qu’il ne reste rien en sortie. Ce n’est pas le cas puisque l’article précise qu’en bout de chaîne il restera 4 200 m3 de digestat « aussi chargés en azote que le lisier, mais totalement inodores » que l’éleveur épandra sur 90 ha.

Côté montage financier, les choses se présentent ainsi : « À l’arrivée, la facture s’élève à 850 000 €. L’Ademe, l’Agence de maîtrise de l’énergie, le conseil régional et le conseil général des Côtes-d’Armor ont versé chacun 118 000 € de subventions. L’éleveur espère un retour sur investissement en 7 ans, sur la base d’un prix de vente de 15 centimes du kilowatt à EDF. »

Que des subventions aient été versées pour valider la faisabilité technique d’une telle unité, voilà qui semble normal.

Que le prix de rachat par EDF soit plus du double que celui consenti pour la production de photovoltaïque est étonnant [1].

Que ces aides s’installent comme modèle économique d’avenir (l’article évoque plusieurs projets du même type ou plus importants), voilà qui serait tout à fait problématique :
- faut-il vraiment favoriser de telles installations, qui laissent presqu’entier le problème de pollution (moins les odeurs) au risque qu’elles constituent un encouragement pour les grands élevages, surabondants en Bretagne,
- ne vaut-il pas mieux utiliser ces subventions pour aider les agriculteurs à opérer les nécessaires conversions vers des exploitations moins intensives, moins agressives, plus durables et vivables.

[1] Oups, erreur de ma part : le prix de 15 cts est inférieur à ce qui est couramment pratiqué. A vérifier.

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