Les candidat-e-s d’Europe Ecologie Bretagne se présentent : Naig Le Gars
Brest-ouvert commence une présentation des têtes de liste départementales d’Europe Ecologie Bretagne en débutant par le Finistère, merci aux candidat-e-s d’avoir bien voulu répondre à quelques questions.
Naig Le Gars, de l’UDB, 3ème sur la liste départementale du Finistère est la première à se livrer au petit jeu de l’interview.

Brest-ouvert : Tu es conseillère régionale sortante, aujourd’hui tu te présentes dans le cadre de la liste de rassemblement Europe Écologie Bretagne, est- ce une motivation supplémentaire pour poursuivre ton action au sein du conseil régional ?
Oui, C’est d’abord un engagement dans la logique de la démarche que nous avions entrepris en 2004, avec « Bretagne Verte Unie et Solidaire », avant de rejoindre la liste de gauche, et la majorité qui a dirigé la Région durant ce dernier mandat.
C’est aussi un moyen de renforcer la dynamique que nous avons insufflée au sein du Conseil Régional. En ayant l’expérience de ce qui s’est déjà fait, en étant plus nombreux et plus cohérents, je pense que nous serons plus efficaces pour mener les politiques qui nous tiennent à coeur.
B.O. : ton expérience associative et professionnelle, politique s’articule autour du centre d’intérêt principal que représente la défense et la promotion de la langue et de la cultures bretonnes, penses tu que la Bretagne peut devenir demain une région modèle dans ce domaine de la diversité linguistique et culturelle ? Comment y arriver ?
Pour moi la défense et la promotion de la langue et de la culture bretonne s’inscrivent dans une démarche plus vaste de la démocratie culturelle et de l’appropriation des Droits culturels pour tous. A titre personnel, c’est aussi une passion pour la langue et la matière bretonnes, ce sont les éléments qui m’ont édifiée.
Nous sommes à une époque charnière, où la langue a beaucoup régressé, faute de moyens politiques, mais paradoxalement, son image et son usage bénéficient d’un fort engouement. Les Bretons sont favorables à l’enseignement de la langue bretonne et à sa diffusion. Ils sont aussi très attachés à l’identité culturelle bretonne, comme un rempart contre la globalisation et la standardisation du monde d’aujourd’hui. Mais ils sont également ouverts sur le monde, tant du point de vue culturel en général, que du point de vue des solidarités, dont les pratiques sont multiples en Bretagne.
La Région est l’espace pertinent, sur les plans territorial et institutionnel, pour traiter ces questions. Je ne sais pas si elle peut-être un modèle, mais je voudrais qu’elle devienne un laboratoire en matière de régionalisation de la culture et de l’enseignement bilingue, et de nouvelles pratiques pour garantir à la fois la transparence des décisions, et la mutualisation des moyens.
Pour y arriver, nous devons pratiquer à fond la concertation, avec les acteurs sur le territoire, mais aussi l’évaluation des politiques. Cela suppose la mise en place de groupes de travail, avec des missions claires, et des objectifs.
Je vois deux têtes de réseaux pour jouer le rôle d’interfaces entre la Région, les associations, les institutions, et les acteurs : le Conseil Culturel (nouvellement mis en place)
pour la politique culturelle et Ofis ar Brezhoneg pour la politique linguistique.
Il faut aussi que ces deux politiques soient plus transversales, en imprégnant toutes les autres, notamment celles qui concernent l’économie et l’emploi. Je pense aussi à la politique territoriale. On a fait beaucoup pour mettre du « dur » dans nos financements, (salles polyvalentes, centres culturels...), mais on n’a pas assez songé aux contenus. Or, c’est là que résident les emplois, les pratiques artistiques... Il faut également se mettre d’accord sur des cahiers des charges, pour que les structures ne soient pas seulement des diffuseurs de la culture officielle et standard.
A plus long terme, j’aimerais que l’on intègre la DRAC, c’est à dire les services de l’Etat pour l’action culturelle, avec le budget évidemment (37 millions d’euros, l’équivalent de celui de la Région). On serait alors plus près de la Régionalisation que nous souhaitons.
B.O. : Comment imagines tu ton action au sein du futur conseil régional ?
Je n’ai pas trop à l’imaginer, puisque j’ai déjà 6 ans d’expérience. Nos élus (Verts et UDB) se sont beaucoup investis, et l’élan qu’on sent venir pour la campagne et pour nos listes, nous motivent encore plus.
En fait, je compte poursuivre mon action, en étant encore plus efficace, car mieux entourée.
B.O. : La Bretagne de demain, tu l’imagines comment ?
Je l’imagine plus autonome, pas seulement du point de vue institutionnel, mais aussi du point de vue des ressources, de l’énergie et de la capacités d’action (notamment pour rénover l’agriculture, et en finir avec es pollutions).
Je l’imagine enfin, comme une Région d’Europe, majeure ... Et bien sûr réunifiée, et dotée d’une politique maritime, de Nantes à Brest, en passant par Lorient. C’est aussi cela son identité.
L’adresse originale de cet article est http://www.brest-ouvert.net/article7390.html

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