Le plan gouvernemental algues vertes : quelques bons principes, mais surtout des doutes et des craintes, il y a mieux à faire !
Une nouvelle réaction après la publication du rapport de la commission interministérielle sur les algues vertes, celle de Jean-Yves Piriou, spécialiste du sujet des marées vertes, élu vert à Plabennec (29) et candidat sur liste Europe Ecologie Bretagne dans le Finistère.

Ce plan contient
de
bons principes ( contestés encore récemment certains lobbies) :
le nitrate est clairement identifié comme le responsable des proliférations d’algues vertes ;
l’origine agricole est aussi clairement notée ;
le fait de devoir descendre à 10 mg de nitrate par litre pour combattre efficacement la marée verte est annoncé.
Mais les doutes demeurent :
ramasser les ulves sur les plages pour éviter les risques sanitaire, oui ;
mais en faire de la méthanisation, non, c’est enlever le carbone et garder l’azote et le phosphore qui sera encore épandu en agriculture ;
méthaniser les algues avec du lisier, non. C’est conforter le système d’élevage intensif sur callibotis.
Il faudrait les composter et les exporter, à la charge du système agro-alimentaire (principe pollueur-payeur)
Des craintes existent :
mettre l’accent sur des actions sur quelques bassins versants emblématiques, c’est oublier tout le reste ;
or le CEVA a identifié plus de 100 sites à prolifération d’algues vertes sur le littoral breton (en particulier des estuaires) ;
c’est donc tout le territoire breton qui est à prendre en compte ;
expérimenter et étudier sur certains secteurs, c’est encore perdre du temps.
Les propositions des écologistes sont connues, mettons les enfin en oeuvre pour :
un objectif de 25 mg de nitrate par litre dans l’eau est à instaurer partout sur le territoire breton ;
donner
ensuite des objectifs de 10 mg/litre sur les zones les plus touchées depuis longtemps ;
que l’Etat fasse respecter les règlements existants, en particulier européens ;
que l’Etat arrête les autorisations d’extensions d’élevage sur l’ensemble de la Bretagne, et qu’il désintensifie sur les bassins versants les plus touchés ;
que l’Etat taxe fortement les engrais chimiques et règlemente son utilisation ;
que le budget européen alloué à l’agriculture aille d’abord à conforter ceux qui respectent ou respecteront l’environnement (bio, durable,…) ;
une
mobilisation des finances (Etat, Région, Agence de l’Eau) pour aider ceux qui souhaitent se reconvertir à l’extensif, au bio, au durable.
le choix de la Région Bretagne
pour être le maître d’ouvrage de ce plan de reconversion de l’agriculture bretonne.
Jean Yves PIRIOU
L’adresse originale de cet article est http://www.brest-ouvert.net/article7699.html

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